— Atelier "Construire",
Le 27 novembre 2014 à la Cantine Numérique
CONSTRUIRE LA CHARTE DE LA GOUVERNANCE OUVERTE

Le 27 novembre dernier, une trentaine de participants s’était donné rendez-vous à la Cantine Numérique de Nantes pour la troisième rencontre des Ateliers de la Gouvernance dont l’objectif était de co-définir les éléments de la charte de Gouvernance Ouverte à proposer à la ville et métropole de Nantes. Cet atelier était co-animé par Sacha Lopez de WorkLab.

Sacha Lopez de WorkLab a co-animé cet atelier.

Après une brève introduction et un rappel des principes de l’Atelier de la Gouvernance et de la Gouvernance Ouverte telle que définie dans le partenariat pour un Gouvernement Ouvert, un petit exercice “ice breaker” fut proposé aux participants afin d’apprendre à mieux se connaître ainsi que d’intégrer les nouveaux venus dans le groupe. Ce premier temps de l'atelier a également servi à lister les éléments mots-clés d’une gouvernance ouverte selon chacun. Les participants étaient ainsi conviés à rédiger leur profil sur un réseau social papier, choisir un mot clé à associer à la Gouvernance Ouverte, présenter son profil au groupe et épingler leur fiche sur un tableau.
Au final, cet exercice a permis d’identifier les liens existants entre les participants et de lister les thèmes clés qui devraient ressortir dans une charte de Gouvernance Ouverte selon le collectif.

Les valeurs clés des participants

Les participants se sont ensuite répartis en trois groupes thématiques.
Chacun était invité à répondre à la question suivante: quelles sont les actions que les citoyens nantais devraient pouvoir être en mesure de mener, sur les trois sujets piliers d’une Gouvernance Ouverte, la transparence, la participation et la coproduction. Une affiche fixée au mur proposait ainsi trois colonnes avec chaque pilier, et la phrase: Moi, citoyen nantais, en terme de (transparence, participation ou coproduction) je peux… Accéder aux données ? Proposer la répartition d’un budget ?
Retrouvez ci-dessous les blocs d'idées qui sont ressortis de cet atelier et sur lesquels sera construite la charte.

MOI, CITOYEN NANTES, EN TERME DE TRANSPARENCE, JE PEUX :

DÉCOUVRIR (dans le sens d'explorer, mais aussi de lever le voile) :

  • Poser des questions, notamment sur la conduite d’un projet, de ses tenants et aboutissants.
  • Trouver l’interlocuteur le plus pertinent.
  • Interroger directement les élus ou les personnes en charge du dossier dans les services.
  • « Se découvrir » : publier des informations me concernant, faire la transparence sur soi, contribuer en communiquant certaines des données de mon activité citoyennee.
  • Être automatiquement informé des sujets qui m’intéressent.
  • Recevoir dans ma boite mail les comptes-rendus de conseil municipal.

ACCÉDER :
  • Trouver facilement ce que je cherche.
  • Accéder facilement à tous les documents d’intérêt général.
  • Rendre public tout document d’intérêt général par n’importe quel moyen : principe de leak/fuite.
  • Diffuser de l’information / propager de l’information.
  • Accéder à toutes les informations.
  • Penser aux moyens de chacun pour accéder aux informations.
  • Accéder aux documents d’un conseil municipal (slides, délibération) dans un format autorisant la recherche sémantique / dans le texte.
  • Avoir les coordonnées des élus.
  • Aider à la définition des types d’informations et de données.
  • Accéder aux données des partenaires de la ville (délégation de service public).
  • Inciter mes élus à transmettre, à rendre accessible, facilement les comptes financiers de ma commune.
  • Accéder aux budgets et dépenses précises.
  • Accéder à toutes les informations produites par la ville.
  • Accéder à des données ouvertes plus utiles à la compréhension de la ville : budget, subventions, frais des élus...
  • Tout savoir sur ma ville.
  • Accéder aux documents sans recours à la CADA.
  • Exiger que des informations soient publiées.
COMPRENDRE :
  • Comprendre le fonctionnement des outils mis à ma disposition, comprendre le contenu des ressources, mais aussi leur provenance, comprendre le fonctionnement des processus démocratiques mais aussi du processus de transparence (comment sont mises à disposition les informations par exemple).
  • Jouer la transparence sur les processus d’instruction d’un sujet.
  • Comprendre l’impact d’une donnée sur un processus de décision, mesurer l’impact démocratique d’une donnée ouverte (réutilisation, influence sur le changement, etc).
  • Les outils ne doivent pas masquer le déroulement des décisions.
  • Vérifier et contrôler.
  • Connaître le processus de traitement des contributions.
  • Avoir de la pédagogie sur les informations disponibles.
  • Avoir accès à des documents compréhensibles par les citoyens (sans jargon).
  • Avoir accès à des données vulgarisées (et dites comme telles).
  • Donner toutes mes données de consommation électrique tant que je reste anonyme (idée qui a suscité le débat dans le groupe: confidentialité sur les électeurs ou aussi les élus?).
  • Accéder simplement à une information lisible et compréhensible.
  • Savoir pourquoi des partenariats publics/privés sont engagés.
  • Chercher ce que la sémantique et le 3.0 peuvent apporter.
TRAITER :
  • Traiter facilement les données publiques de façon automatisée.
  • Accéder aux données brutes et pas seulement aux documents de synthèse.
  • Accéder à des données retraitées / raffinées, mais en sachant comment les données ont été retraitées.
  • Partager des informations sans être soupçonné de quoi que ce soit (problématiques de licence notamment sur les photos qui devraient être sous licence Creative Commons)
  • Ne pas subir le format d’une donnée : aller vers la codéfinition du format d’une donnée avant sa publication. Développer des standards.
  • Faciliter la recherche dans une donnée non structurée.
  • Une réflexion est à mener sur le temps de conservation des données. Une piste envisageable serait d’anonymiser les données au bout d’un certain temps pour assurer l’anonymat a posteriori.
  • Donner un avis sans flicage de ses contributions.
  • Ne pas utiliser les informations données par les citoyens pour des analyses de type big data.
Post-it et remue-méninges
MOI, CITOYEN NANTES, EN TERME DE PARTICIPATION, JE PEUX :

DÉCIDER :

  • Avoir le choix de décider de participer ou non.
  • M’assurer que chaque dispositif de participation physique (en termes d’engagement, de temporalité, de modalité de contribution) ait son équivalent en ligne.
  • Bien différencier ce qui tient de la participation de la coproduction : la participation est un mode de proposition où l’action se produit dans un périmètre bien défini et cadré par la municipalité.
  • Attention aux jeux sur la sémantique : le Débat (grand D) comme événement démocratique local et le débat (petit d) comme outil d’échange et de construction d’une opinion.
  • Structurer des processus de décision.

M’EXPRIMER :

  • Donner mon avis, notamment sur des enjeux du quotidien et de proximité et pas uniquement sur des projets structurants ou événements.
  • M’exprimer librement : pas de sujet tabou et être en mesure de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas.
  • Bénéficier d’un anonymat dans ma contribution : participer au débat démocratique, peu importe que l’on connaisse mon identité, statut social, origine, etc.
  • Pouvoir critiquer le processus participatif en lui-même.
  • Pouvoir déléguer ma voix et ma capacité d’action à quelqu’un d’autre, et être capable de la reprendre si ce dernier n’agit plus comme convenu.
  • Alterner les moments d’échange en collectif et les moments d’expression autonome.
  • Rendre compte de ma participation.
  • Voir 100% de mes contributions.
  • Payer mes impôts en ligne.
  • Voter en ligne et donner mon avis.
  • Ne pas participer si je ne veux pas et reprendre quand je le souhaite.
  • Prendre part simplement à tout débat démocratique.
  • Me tromper (ne pas être expert par exemple).
  • Échanger et débattre.
  • Participer à des débats sur des thèmes de société.

M’ENGAGER :

  • Participer à la modération.
  • Définir ses règles pratiques.
  • Animer un atelier tri des déchets ou être relais local sur le sujet.
  • Continuer mes engagements associatifs qui participent à dynamiser la ville.

CONTRIBUER :

  • Rêver en amont de tout projet ou de tout processus de participation : se lâcher, ne pas de poser de barrières, libérer son imagination sans avoir peur d’être jugé.
  • Ne pas évaluer une contribution uniquement d’un point de vue utilitaire : aider à l’expression sensible, encourager le décalage avec la réalité.
  • Participer à l’élaboration d’un décret municipal.
  • Participer au lobbying local qui fera pression sur les instances nationales / européennes qui doivent statuer sur des projets qui ont un impact sur la ville : remonter la chaîne décisionnelle.
  • Porter et utiliser des capteurs pour partager mes données.
  • Aider mes élus et les citoyens s’ils ont besoin de moi (donc définir comment ils peuvent connaître les compétences de chacun).
  • Proposer des solutions pour améliorer ma ville.
  • Être force de proposition.
  • Améliorer mon quartier.
  • Informer de problèmes dans ma rue/quartier/ville.
  • Proposer des évolutions, des aménagements de ma rue.
  • Contribuer par répondeur.
  • Contribuer par SMS.
  • Proposer des fonctionnalités d’outils pour participer sans rédiger.

VOTER :

  • Voter pour un projet local, sur les orientations pour la vie du quartier.
  • Voter pour plébisciter une initiative citoyenne et la faire « remonter ».
  • Voter aussi bien sur les projets des citoyens que des collectivités : valider ou infirmer une initiative.
  • Lors des sessions de vote, mettre les lobbys dans une branche à part du processus pour que leur action n’écrase pas celles des citoyens non structurés en groupe de pression ?
  • Être sûre que les lobbyistes ne se servent pas du dispositif de gouvernance ouverte.
  • Différencier le fait de voter (valider ou plébisciter) et le fait de proposer une opinion argumentée.
  • Répondre à un baromètre 1 fois par trimestre.
  • Voter une fois par mois.
  • Répondre à une enquête utile à la ville.

S’INFORMER ET INFORMER :

  • S’informer est déjà une étape dans la participation.
  • M’informer me permet de comprendre et de participer au processus.
  • Partager des contenus : contenus objectifs (chiffrés, vérifiés) et subjectifs (de l’autre du ressenti, du retour d’expérience).
  • Pouvoir identifier les groupes de pression / lobbys locaux et décrypter les jeux de pouvoir.
  • Paradoxe entre le besoin d’anonymat dans la participation et la nécessité d’identifier les lobbys.
  • Proposer des outils de construction de l’opinion, sous forme de bac à sable où chacun agence ses idées et les teste avant d’échanger ou de débattre.
  • Construire son opinion à partir des avis des autres et des données connexes.

Post-it et remue-méninges
MOI, CITOYEN NANTES, EN TERME DE COPRODUCTION, JE PEUX :

IMPULSER À L’ORIGINE :

  • La coproduction se différencie de la participation par un passage à l’action (construction) qui va au-delà de la simple contribution ou expression. Le citoyen intervient dans la définition du périmètre d’action de la coproduction.
  • Proposer un élément pour l’ordre du jour, impulser un sujet sur lequel coproduire.
  • Mobiliser les voisins, co-citoyens facilement autour d’un thème.

FAIRE DES APPORTS PERSONNELS :

  • Apporter mon expérience.
  • Faire valoir une exigence au titre de mon expertise d’usage.
  • Apporter mes idées en tant que nouvel arrivant et offrir un nouveau regard sur l’existant.
  • Partager des compétences, des biens, des savoirs, des avis pour faciliter le processus de coproduction.
  • Choisir l’utilisation d’une partie du budget de ma commune.

GÉRER LA COPRODUCTION :

  • Avoir le temps et donner le temps: mettre à disposition des moyens et des outils pour combler la fracture temporelle entre ceux qui peuvent s’investir dans un processus de coproduction et ceux qui n’auraient pas le luxe de pouvoir prendre ce temps.
  • Avoir la possibilité de suivre l’évolution des projets coproduits.
  • Avoir des retours sur mes (nos) productions / propositions.
  • Avoir un délai opérationnel court.
  • Définir les points clés de contrôle du label co-produit.
  • Reconnaître une oeuvre co-produite à travers un label de coproduction.

CO-DÉCIDER :

  • Me sentir au même niveau que les autres dans les échanges.
  • Équilibrer les pouvoirs individuels des citoyens avec le pouvoir structuré des lobbys.
  • Aider à la décision : influencer sur la décision politique, mais ne pas la prendre.
  • Coproduire la méthode délibérative :
    L’élu reste responsable des effets de ce qui a été coproduit, il lui revient donc la prise de décision finale – La prise de décision finale est éclairée par les contributions et les orientations de la coproduction.
  • Co-construire certaines des politiques de la ville avec les élus ou les services de la mairie.
  • Apporter mes idées dans les projets urbains.
  • M’engager dans des actions de co-production mise en place par la ville.
  • Savoir qui participe et interagir avec d’autres participants sans validation tierce.
  • Dialoguer avec la ville et les habitants de mon quartier.
  • Faire participer mes voisins, mes proches à des débats.
  • Co-produire des informations/opinions sur un blog ouvert afin de renforcer le lien social.
  • Impliquer ma communauté et la faire participer . On pourrait imaginer un système de scoring sur les likes récoltés par une idée.

FACILITER LA RECHERCHE DES SOLUTIONS :

  • S’assurer et veiller à une consultation inclusive de tous les publics, avec tous les acteurs.
  • Se mettre en empathie avec les participants pour s’assurer qu’ils peuvent bien participer correctement.
  • Rechercher du consensus plutôt que du dissensus: se donner l’obligation de réexpliquer et de convaincre les réfractaires, une décision ne pouvant être prise sans consensus absolu.
  • Co-déterminer ce qui peut être résolu par le consensus et quand amener le consensus ?
  • Utiliser des outils simples !
  • Aider à faire un choix d’outils, de fonctionnalités utilisées ailleurs.
  • Avoir un échange constructif avec les élus.
  • Re-interroger la décision jusqu’au terme de la réalisation et si possible la réorienter.
  • Être citoyen d’une mairie Agile en mode SCRUM.
  • Expérimenter, utiliser des prototypes.

Post-it et remue-méninges
PASSER DES BLOCS D'IDÉES À LA CHARTE RÉDIGÉE

Des échanges et des débats
Les principaux débats ont porté sur le droit des contributeurs en ligne, sur la gestion de la vie privée et confidentialité, dans les techniques de mise en oeuvre et le curseur à mettre en place entre ce qui doit être transparent ou confidentiel. Les participants ont constaté des marges d’améliorations possibles à mettre en place dans la gouvernance participative et l’outillage. Les limites entre les actions de participation et de coproduction ne sont pas également partagées. La charte devrait préciser clairement ces contours.

Une première version de la charte
Les trois ateliers se sont montrés riches en propositions et en questionnements.
Il s'agit maintenant pour le collectif de l'Atelier de la Gouvernance de mener un premier travail de synthèse et de rédaction autour de ces contenus. Ce travail "en interne" permettra de proposer une première mouture de la charte à discuter et à compléter.

La méthode de co-rédaction de la charte va s'articuler autour de trois étapes:
1. Rassembler, croiser et fusionner les apports des différents ateliers.
2. Structurer la charte selon ce qui tient des besoins, des limites ou des actions à mener.
3. Mettre en ligne un premier jet de la charte et l'ouvrir aux amendements de chacun.

Après ce temps d'écriture collaborative, la première version de la charte pourra alors être présentée et discutée.

PROCHAIN RENDEZ-VOUS, DÉBATTRE

Pour cette dernière étape de l'Atelier de la Gouvernance fin février 2015, nous proposons de mettre en débat la première version de la charte. Nous invitons les participants des différents ateliers et les élus à venir débattre autour des points clés de ce socle d'une nouvelle gouvernance locale. L'issue de ce débat verra la charte ratifiée ou bien retravaillée.

4EME RENDEZ-VOUS : DÉBATTRE
date heure lieu
Fin février 2015 (autres informations à venir)
Infos
Une mise en débat de la charte pour une gouvernance ouverte locale et des échanges pour affiner la proposition finale