— Atelier "Raconter",
Le 23 Octobre 2014 à la Cantine Numérique

À la Cantine Numérique, une vingtaine de participants nous ont rejoint pour le second rendez-vous de l’Atelier de la Gouvernance, Raconter. Les échanges ont eu lieu en présence des élus locaux, Bassem Asseh, adjoint au maire en charge du dialogue citoyen et de la coproduction, et Mounir Belhamiti, conseiller communautaire en charge de l’e-citoyenneté, venus apporter un complément d’information sur les initiatives menées par la Municipalité.
Ce fut l’occasion pour les citoyens d’interpeller directement les élus et de confronter les points de vue dans une authentique démarche de coproduction.

Raconter, participants discutant
RACONTER LA GOUVERNANCE OUVERTE À LA NANTAISE

Lors du premier Atelier « Imaginer », nous avons pu défricher ensemble les opportunités, mais aussi les limites d’une gouvernance ouverte à Nantes. L’Atelier Raconter est venu approfondir ces premières bases en posant la question du « Comment » et en proposant de réfléchir aux outils à construire pour plus de transparence, de participation et de coproduction.
L’objectif de cet atelier était double, en proposant de penser les applications concrètes d’une gouvernance ouverte d’une part et d’évaluer l’intérêt des acteurs locaux pour ces outils d’autre part. Les discussions sont venues croiser les enjeux liés aux outils, aux besoins et aux publics. Les échanges constituent une base solide pour la production de scénarios qui viendront illustrer la charte de la gouvernance ouverte à Nantes.

Grand Débat
VERS PLUS DE PARTICIPATION, LE CAS DU DÉBAT PUBLIC

— Mêler participation physique et numérique
Partant de l’exemple du Grand Débat sur la Loire et ses usages, introduit par Bassem Asseh, la discussion s’est ouverte sur la manière dont il est possible de faire participer les citoyens en général avant de se concentrer sur la contribution par le numérique.
L’un des premiers constats dressés est de trouver un juste équilibre à apporter entre outils présents sur le terrain et outils présents en ligne. La séparation conceptuelle entre ce qui est en ligne et en ville devenant peu à peu ténue, la notion de contribution à la volée et in situ a été relevée afin de s’orienter vers une participation connectée depuis le terrain.

— La pré-participation, informer et définir ensemble
Avant même de lancer le processus de participation citoyenne, les échanges ont porté sur la préparation de cette participation. Deux conditions ont été notées, avec en premier lieu la définition de l’opportunité d’un appel à la contribution. Comment proposer une première phase participative pour sélectionner les sujets ouverts aux apports des citoyens ? Une telle démarche permettrait une participation élargie, ne se limitant pas aux grands projets structurants pour le territoire et venant ainsi explorer des sujets de proximité, inscrits dans le quotidien des Nantais.
Les modalités d’information, prérequis indispensables à la participation, ont également été questionnées. À la constitution d’un document socle d’information, a été suggérée l’ouverture des données sur les sujets mis en débat, afin qu’elles soient la matière brute de la contribution des citoyens.

— Visibilité et prise en considération des contributions
Les modes de participation ont été au cœur des conversations, avec la possibilité de multiplier les canaux grâce au numérique : statuts sur les réseaux sociaux, photographies, vidéos, partages ; les contributions deviennent protéiformes et doivent être considérées comme équivalentes.
Élément cristallisant les échanges, le formulaire de contribution en ligne a été soumis aux critiques des participants. Le mail est-il un véritable outil de dialogue ? Les questions sous-jacentes de visibilité et de modération des contributions ont été aussi abordées. Parmi les suggestions faites, on retrouve notamment l’idée de laisser accessibles les propositions modérées ou non retenues dans une sorte de corbeille ouverte, avec une justification de la modération de tel ou tel contenu.

— Travailler le temps de la restitution
Au-delà des modalités de participation, les échanges ont également porté sur l’analyse qui peut être faite de ces contributions. Une analyse sémantique des arguments viendrait faire ressortir d’opinions émergentes et une analyse des données de participation pourrait permettre de mieux comprendre comment cette dernière s’est déroulée.
Le principe de participation peut également s’étendre sur le temps de la restitution de la démarche. Avec le numérique, il est possible d’envisager des outils de curation et d’éditorialisation des contributions. Ainsi, chaque pourrait venir constituer puis proposer sa propre restitution des temps d’échange et sa vision en piochant dans les éléments collectés.

> Retrouvez l’intégralité des propositions sur la fiche idée « Pour plus de participation ! »

Open Data Nantes
LA TRANSPARENCE DES DONNÉES ET DES PROCESSUS

— Agir en amont des démarches de transparences
Les données ouvertes ont été le point de convergence des discussions sur la transparence.
Avant même que la question de la transparence par la donnée ne se pose, celle de la transparence sur les données s’est imposée. L’idée d’un système de labellisation des données a alors été proposée, afin de certifier l’origine de ces ressources. Cet outil de transparence pourrait passer par un intitulé du créateur qui explique le mode de mise en forme et édition d’une donnée; ce qui permettrait d’éviter les risques de mésinformation.
D’autre part, il conviendrait de formater les informations, sous des formats ouverts, en respectant les critères des données ouvertes et en structurant l’information afin de rendre son traitement automatisable pour des requêtes.

En amont même de la mise en ligne de données et suivant cette idée de traitement automatisable, il pourrait également être envisageable de créer des alertes thématiques pour être averti des thèmes qui seront débattus et au contenu d’une délibération et ainsi pouvoir assister aux conseils.
La démarche de transparence se traduit donc par des publications d’informations via une plateforme en ligne avec différents niveaux d’informations associés : la donnée brute réutilisable, la donnée visualisée par un graphique par exemple et l’information éditorialisée avec un article explicatif par exemple.
Concernant l’ouverture même des données, des pistes outils ont été avancées afin que cette démarche ne reste pas uniquement à l’initiative de la collectivité. Des journalistes ou citoyens peuvent vouloir publier des informations. Dans ce cas, la mise en place d’un outil de publication sécurisé pour les lanceurs d’alerte (à la Wikileaks) permettrait d’assurer l’anonymat des diffuseurs d’informations.

— Ouvrir plus que des données
Les échanges ont fait ressortir que la notion de transparence allait bien au-delà de la démarche d’ouverture des données. À titre d’exemple, dans le cadre des publications par exemple, des outils pourraient montrer les processus de collecte de données, les méthodologies de composition de l’information sont à prendre en compte. Ce serait là un historique des productions en quelque sorte.
Les données ne doivent pas être non plus le seul matériau de transparence à être libéré. Seraient publiés aussi bien les bases de données que les contenus, les images, archives, vidéos, rapports, études et délibérations. Legifrance est un exemple de publications liées à la transparence sans systématiquement proposer des bases de données.

À noter également la nécessité d’animation de la transparence. Ainsi la publication d’informations ne suffit pas à faire connaître. Il faut publiciser en masse la démarche et l’adresse de la plateforme, par différents canaux et de manière proactive auprès des habitants, en développant une approche thématique pour que chacun sache où trouver l’information. D’une certaine manière, venir créer le AlloNantes de l’information publique.
De même, il faudrait organiser la médiation des données pour faire comprendre leur sens, éditorialiser, les données brutes seules ne suffisent pas. Créer différents niveaux de lecture des informations. Pourquoi pas aussi différentes interprétations, par les agents, les élus, les habitants pour illustrer les informations.

La partie technique de la diffusion d’informations pour assurer la transparence est encore à envisager en amont. Un portail dédié à la transparence, avec des publications ciblées sur les finances, délibérations, vie publique, marchés publics peut être envisagé sur le modèle de transparence.nantes.fr.

> Retrouvez l’intégralité des propositions sur la fiche idée « Pour plus de transparence ! »

Coproduction
DES OUTILS POUR UNE COPRODUCTION LOCALE

— Coproduire la coproduction
Avec en maître mot la particule « co » et sur le même principe que la préparticipation, il a été suggéré de co-définir les opportunités de coproduction et de co-construire la stratégie. Autrement dit, avant de lancer une démarche de coproduction, coproduire le processus en lui-même. Cette phase de construction collaborative du programme serait transversale à la définition et mise en place des règles, des outils et du calendrier. Cette ouverture viendrait impliquer tous les acteurs dans la définition du plan d’action en amont de la phase de coproduction.
En marge de ces phases de planification et de diagnostic, ont été aussi évoqués des outils de co-déconstruction des politiques publiques afin de démonter puis réassembler des programmes qui n’auraient pas été coproduits alors qu’ils auraient eu besoin de l’être

— Équilibrer les contributions
Le caractère collaboratif de la coproduction est à la fois formidable opportunité pour puiser dans l’intelligence collective, mais également une menace intrinsèque, avec le risque de laisser certains participants sur le bas-côté.
Les outils de coproduction doivent permettre à chacun s’exprimer et participer au même niveau sans « se faire étouffer » ou mettre à l’écart. À titre d’exemple, le principe du brainwriting offre un format de créativité où chaque participant enrichit la contribution du précédent. Ce genre de principe vient mettre en avant la coproduction d’une contribution, en facilitant la construction d’un avis ou d’une solution sur les idées et apports des autres.

La discussion a également porté sur la possibilité d’événementialiser les rencontres numériques comme cela se fait pour les rencontres physiques. Coproduire en ligne ne signifie pas uniquement être sur des contributions permanentes ou continues, il est possible d’imaginer des grands temps forts qui rythment la coproduction. Cette suggestion vient compléter la nécessité identifiée de disposer d’outils synchrones et asynchrones afin de faciliter la participation de chacun et de s’adapter aux phases du projet.

— Outiller la co-délibération
Au terme de la coproduction, se pose la question de la co-délibération. Quelle suite donner aux propositions issues de la coproduction ? Comment décider de suivre une direction plutôt qu’une autre ?
Au même titre que des outils sont à imaginer pour faciliter et multplier les contributions, il apparaît nécessaire d’outiller la co-délibération. Une piste prometteuse a été évoquée avec l’utilisation de Loomio, une plateforme proposant un système de prise de décision collaborative particulièrement adapté à une échelle locale.

Les élus ont de leur côté pointé les enjeux liés à l’utilisation d’un outil de co-délibération et plus largement à la coproduction d’une politique publique : quid de la responsabilité des solutions coproduites ? Qui en porte la charge et les conséquences ?

> Retrouvez l’intégralité des propositions sur la fiche idée « Pour plus de coproduction ! »

Processus
PROCHAIN RENDEZ-VOUS, RACONTER

Pour continuer la co-production des livrables sur l’imagination de scénarios de gouvernance ouverte sur Nantes, vous êtes conviés le jeudi 23 octobre 2014 à la Cantine Numérique de Nantes pour la prochaine édition de l’Atelier: « Raconter » !

3EME RENDEZ-VOUS : CONSTRUIRE
date
27 novembre 2014
heure
18h - 20h30
lieu
La Cantine numérique de Nantes,
Chaussée de la Madeleine, 11 Impasse Juton
Infos
Une séance de rédaction collective de la charte pour une gouvernance ouverte locale, inspirée par les contributions des acteurs